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ACTUALITÉS

« Lille, ton patrimoine fout le camp ! »

Promenez-vous autour de l’Hospice Comtesse, rue de la Monnaie, admirez le bâtiment de façade, œuvre de Julien Destrée, l’architecte de la Vielle Bourse, et rejoignez l’avenue du Peuple Belge en empruntant la petite rue Comtesse, entre l’Hospice et le Palais de Justice : le spectacle y est désolant, car depuis des années, les fenêtres de l’Hospice qui donnent sur cette ruelle ne doivent leur survie qu’à un appareillage de soutiens de bois qui trahit la grande misère de ce bâtiment historique abritant une salle des malades qui soutient la comparaison avec celle des Hospices de Beaune.


Façade de l'Hospice Comtesse, rue Comtesse à Lille

Ce monument, évidemment classé, appartient, comme l’hôpital Gantois, aux hôpitaux lillois (le Centre Hospitalier Régional) et a été confié, par bail emphytéotique à la Ville de Lille, à charge d’y faire vivre un Musée. C’est dire la complexité de la gestion de ce patrimoine municipal, dont l’entretien demande l’octroi de budgets annuels substantiels, faute de quoi, les dégradations s’accélèrent années après années, rendant les travaux de restauration plus lourds et donc plus couteux.


La Noble Tour à Lille.

Regardez ce qui est advenu à « La Noble Tour » dernier vestige de l’enceinte du Moyen Âge, devenue lieu de mémoire de la Déportation : tout un pan de l’arrière de l'édifice s’est effondré il y a quelques années, faute d’entretien et de travaux préventifs. C’est le triste sort que subit aujourd’hui le bâtiment que abrite la serre équatoriale, qualifiée de passoire thermique pour justifier la fermeture de l’ensemble, sans projet alternatif défini et crédible, faute d’avoir bénéficié des dépenses d’entretien et de modernisation nécessaires, au fil des exercices budgétaires.


Voulez-vous un autre exemple ? Prenons celui du Musée des Canonniers Sédentaires de Lille, rue des Canonniers, à deux pas de la Gare Lille Flandres : il s’agit de la plus vieille institution lilloise, héritière du « serment de 1483…..des confrères de Madame Sainte Barbe » (voir « Lille et ses Canonniers, du serment du 2 mai 1483 à nos jours », par le LCL-RC- Philippe Vandenberghe. Disponible en vente au Musée). La dernière campagne de travaux sur ce bâtiment date de 1987, Pierre Mauroy étant attaché à l’histoire et au rôle militaire de Lille : rappelons le siège de 1792 et le décret de la Convention par lequel les Lillois ont « bien mérité de la Patrie » et observez la statue de la Déesse sur la Grand Place : elle tient dans sa main droite un boute feu d’artillerie pour symboliser l’action décisive des Canonniers lors de ce siège.

Les collections du musée abritent des pièces exceptionnelles, tels les deux canons de parade « Gribeauval », donnés par Bonaparte (lui-même artilleur !) et dont l’un fut exposé à la Cité des Sciences de La Villette, l’an dernier lors de l’exposition consacrée à l’Empereur.


Le musée des canonniers à Lille.

Aujourd’hui, le bâtiment réclame une vaste remise aux normes (accès PMR, sanitaires…) pour accueillir dignement les publics les plus divers, notamment les scolaires, mais les touristes, les militaires en garnison à Lille… Or, à part quelques bonnes paroles, la Municipalité n’a pas ouvert sa bourse, ce qui paralyse l’intervention éventuelle des autres collectivités ou de mécènes potentiels.

Enfin, comment a-t-on pu laisser fermer et disparaitre le Musée Industriel, œuvre de Gosselet et de Kuhlmann, et ses collections dispersées, sans que ni la Ville ni la Chambre de commerce ne s’en émeuvent ? Quelle absence de vision et de culture, reflétant une triste époque !


On trouvera, a contrario, de beaux contre-exemples dans la restauration, par le Département du Nord, de la Maison Natale du Général de Gaulle, ou celle de la Vieille Bourse de Lille sous la houlette de l’Association Mécénat Vieille Bourse de Lille, qui mobilisât 30 entreprises et les 4 Collectivités (Ville, Département, Région et Chambre de Commerce), avec l’Etat (Ministère de la Culture) au titre des Monuments Historiques, pour remettre cet ensemble immobilier dans son état initial, celui de sa construction autorisée par Philippe IV d’Espagne, avant la conquête française.

Quand Lille veut, elle peut !

Il faut saluer également la renaissance du Musée d’Histoire Naturelle : quand Lille veut, elle

peut ! « Là où il y a une volonté, il y a un chemin » et le patrimoine lillois mérite que soit établi un programme pluri annuel, recensant les opérations à mener, chiffrant les travaux à effectuer, établissant un ordre de priorité, recherchant les partenariats nécessaires.

Cela devrait faire l’objet d’une délégation pleine et entière au sein de l’équipe municipale, confiant à un adjoint ad hoc cette seule tâche de renaissance du patrimoine lillois, en sanctuarisant les budgets ainsi définis.

Il y a une contagion de la beauté comme il y a une contagion de la laideur : si, dans une rue, 3 ou 4 maisons font peau neuve, toute la rue va se restaurer. Si dans une rue, 3 ou 4 maisons de dégradent, alors toute la rue va progressivement se ruiner : la restauration de la Vieille Bourse a entrainé celle du Rang du Beauregard.


Le Rang du Beauregard, à Lille, vu depuis la place du Théâtre.

Alors que la Ville change de braquet et mette en place une vraie politique de mise en valeur du patrimoine historique lillois, avant qu’il ne soit trop tard, comme ce fut trop le cas notamment dans le Vieux-Lille !

Si les Lilloises et les Lillois se mobilisent pour cette belle cause, parce qu’ils ont « Lille au Cœur », alors nous attirerons les regards et….les contributions de chacun !



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